les adieux au Danube

les adieux au Danube

24 mai 2015 10 Par pignon sur monde

La sortie de Belgrade est l’une de nos sorties de capitales les plus sportive, par la densité de son trafic et son absence d’aménagement pour l’eurovélo 6. Nous rattrapons rapidement les digues herbeuses sur les rives du Danube.

Journée riche en émotions sur les digues : nous roulons sur un bon gros serpent. Le premier vélo agite la bête rampante, le deuxième vélo, arrivant à vive allure juste derrière, lui passe dessus aussi.
Il aurait fallu nous filmer, car nous voici tous les deux les pieds en l’air espérant que le monstre ne soit pas coincé dans nos rayons. Espérant aussi que nos vélos avancent seuls pour s’éloigner au plus vite.
Quelques kilomètres plus loin, alors que nous faisons une petite pause, une grenouille surgit brutalement des herbages et nous arrive droit dessus, on voit alors qu’elle est poursuivie par un autre de ces spécimens rampants. La course folle nous passe entre les pattes sans même nous voir, nous laissant cois.
Il s’agissait certainement de couleuvres à collier, à en juger par leurs tailles et couleurs, mais comme vous l’aurez compris, nous nous attardons guère pour les identifier. Un bon échauffement pour les futures rencontres rampantes à venir en Asie Centrale.

Nous quittons les plaines agricoles relativement plates pour traverser avec enchantement le relief des « Portes de Fer ». C’est le nom donné aux quelques 130Km de gorges du Danube séparant les Carpates au Nord en Roumanie des Balkans au Sud en Serbie. Les falaises plongeant dans le fleuve s’enchainent. La route s’élève, offrant de magnifiques points de vue. Certains points de vue évoqueraient presque les fjords de Norvège.
D’infinies étendues de forêts nous entourent. Nous sommes dans le parc national « Derdapska » en Serbie et nous avons vue sur le parc national « Portile de Fier » en face, côté roumain.

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Fidèles à eux mêmes, les serbes nous réservent au fil de nos journées et de nos bivouacs un accueil exceptionnel et une incroyable générosité. Nos journées sont accompagnées par un festival de sourires et salutations. Qu’il fait bon voyager en Serbie !

Nous atteignons la Roumanie par le barrage « porte de fer » et arrivons directement dans la grande ville de Drobeta Turnu Severin. Nous sommes surpris par l’incroyable nombre d’enseignes françaises implantées en Roumanie. Nous ne citerons pas de noms pour ne pas faire de publicité mais tous les secteurs d’activités sont présents : grande distribution, bricolage, pièces automobiles, banque, assurance….

Nous installons notre premier bivouac dans de belles prairies qu’un beau couple est en train de faucher à la faux, emplissant leur charrette tirée par une jument blanche accompagnée de son poulain noir. Ca sent bon la bohème en Roumanie.

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Tortue d’Hermann, voisine d’une nuit de bivouac

Au petit matin, au bout de deux kilomètres, nous apercevons deux cyclovoyageurs aux pédales d’étonnants engins surmontés de drapeaux français, et breton ! La curiosité est trop forte, même s’ils ne vont pas dans notre direction, nous les rattrapons et faisons la connaissance de Sophie, Simon et leur chienne Gali. Partis de Bretagne un mois avant nous, en vélos couchés à trois roues, dont un tirant une cariole pour la chienne.

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La joyeuse équipe

Nous poursuivons de notre côté à travers les campagnes roumaine. La motorisation a définitivement changée puisqu’ici le moteur « un cheval, trois vitesses » est le plus répandu (pas, trot, galop). Version plus modeste, pour les moins pressés, le moteur « un âne, une vitesse ». Les charrettes circulent même sur les routes passantes aux côtés des poids lourds.

Accueil, hospitalité et sourires sont aussi présents qu’en Serbie. Alors que nous envisageons de trouver un endroit pour le bivouac nous sommes accueillis par une gentille famille. Nous goutons une des spécialités roumaines. De retour en langue romane, la communication est plus facile, d’autant plus que beaucoup de roumains parlent un peu français ou italien.

En chemin vers Calafat, une drôle de surprise nous attend : nous retrouvons Sophie, Simon et Gali entourés de cameraman, photographe et d’une journaliste. Pas plus de quelques secondes après nous être arrêtés, et nous voici également interviewés pour la télévision roumaine qui souhaite promouvoir l’écotourisme dans la région.
Nous repartons tous les quatre. Les tricycles et la chienne qui pointe son nez dans sa remorque génèrent beaucoup de curiosités et de sourires. Nous installons le bivouac tous les cinq au bord d’une belle plage avec vue sur le pont-frontière Roumanie-Bulgarie. La beauté du cadre et la chaleur ambiante rendent incontournable la baignade. Alors que nous nous apprêtons à quitter le Danube, nous sommes fiers d’avoir pu profiter d’une bonne baignade dans le fleuve que nous longeons depuis plus de 2000 km.
Merci Sophie et Simon pour ce petit bout de chemin ensemble et ce magnifique dernier bivouac sur l’Eurovélo 6. Bonne route !

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Notre dernier lever de soleil sur le Danube

Au bout de 3500Km nous quittons l’Eurovélo 6. Une traversée véritablement passionnante pour les amoureux de la nature que nous sommes. Grâce aux bivouacs, nous nous sentons chanceux d’être aux premières loges pour le spectacle magique de la Nature. Que d’observations inattendues. Parfois insolites. Parfois glaciales, en référence aux rampants cités plus haut.
Quelques tortues d’hermann ou petites belettes nous ont charmés, mais par-dessus tout c’était un régal ornithologique : les plumages chatoyants des Martin-pêcheur, Guêpier ou Rollier, la cacophonie de la Rousserolle Turtoïde qui nous accompagne tous les jours, les Cigognes Noires ou le Pic Noir, etc…
Nous n’avons malheureusement pas l’équipement suffisant pour partager ces belles observations en images, alors nous laissons les curieux consulter leurs guides ornitho. préférés! 😉

Nous traversons la Bulgarie dont nous parlerons prochainement.

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